Qu’est-ce que le cancer de la prostate ? L’« ennemi silencieux »
Le cancer de la prostate apparaît lorsque les cellules de cette glande commencent à croître de manière incontrôlée. La prostate, propre aux hommes, joue un rôle clé dans la reproduction : elle produit la majorité du liquide séminal et fournit les nutriments essentiels au bon fonctionnement des spermatozoïdes. Elle est située juste sous la vessie et devant le rectum.
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| © Belgian Cancer Registry |
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| © Belgian Cancer Registry |
Facteurs de risque : ce que votre histoire familiale peut révéler
Votre arbre généalogique ne raconte pas seulement votre origine ; il peut aussi mettre en lumière des prédispositions génétiques. Les principaux facteurs de risque sont :
L’âge : le risque augmente nettement après 50 ans, mais le cancer peut survenir plus tôt, notamment en présence d’antécédents familiaux forts de cancer de la prostate ou du sein.
Les antécédents familiaux et la génétique :
Avoir un père, un frère ou un oncle atteint de cancer de la prostate augmente le risque.
Un antécédent de cancer du sein chez une proche parente (mère, sœur, tante) peut également signaler un risque accru.
Environ 8 % des cancers de la prostate sont liés à des mutations génétiques héréditaires.
Les hommes à risque familial devraient envisager un dépistage par dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate) dès 45 ans.
Un test génétique germinal peut être proposé en cas de plusieurs proches diagnostiqués avant 60 ans, d’un décès lié au cancer de la prostate ou en présence de mutations à haut risque comme BRCA2. Chez les porteurs, le dépistage peut commencer dès 40 ans. Une consultation de conseil génétique est nécessaire avant tout test.
L’origine ethnique : les hommes d’ascendance africaine présentent un risque plus élevé, avec souvent des formes plus agressives et un début plus précoce. Pour eux, un dépistage dès 45 ans est recommandé.
Le mode de vie : l’obésité, le tabagisme et une alimentation riche en graisses animales (type « régime occidental ») sont associés à un risque accru.
Quand consulter : reconnaître les signes possibles
Le cancer de la prostate est généralement asymptomatique au début. Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes peuvent inclure :
Troubles urinaires : besoin fréquent d’uriner (surtout la nuit), urgence, difficulté à commencer, jet faible ou interrompu.
Présence de sang dans les urines ou le sperme.
Dysfonction érectile ou douleur à l’éjaculation.
Douleurs osseuses (hanches, bas du dos).
Perte de poids inexpliquée ou fièvre persistante.
Ces signes ne signifient pas toujours un cancer ; ils peuvent aussi être liés à une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou à une prostatite. Toutefois, ils justifient toujours une consultation chez un urologue.
Diagnostic : comment confirmer la maladie
Le diagnostic est établi par un urologue à l’aide de plusieurs examens:
Dosage du PSA : un taux élevé peut révéler un problème prostatique, sans indiquer forcément un cancer.
Toucher rectal : examen manuel permettant de détecter des anomalies.
Imagerie : IRM ou échographie pour évaluer la prostate.
Biopsie : seule méthode permettant de confirmer avec certitude le diagnostic.
En Belgique, un dépistage régulier est proposé entre 50 et 74 ans. Pour les hommes à risque élevé, il peut débuter entre 40 et 45 ans. Il n’est généralement pas recommandé si l’espérance de vie est inférieure à 10–15 ans.
Réduire son risque et préserver sa santé
Si l’on ne peut pas modifier son patrimoine génétique, il est possible de limiter certains facteurs aggravants :
Arrêter de fumer.
Maintenir un poids santé.
Pratiquer une activité physique régulière.
Adopter une alimentation riche en fruits, légumes, tomates cuites (avec huile d’olive) et crucifères (brocoli, chou-fleur), tout en limitant les graisses animales.
Consulter régulièrement son urologue.
En Belgique, le taux de survie à 5 ans avoisine 95 %. Aux États-Unis, il dépasse 99 % pour les cancers localisés. Un diagnostic précoce augmente considérablement les chances de guérison.
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Vivre avec un cancer de la prostate : l’importance du soutien
L’annonce d’un cancer provoque souvent stress et inquiétude, tant pour le patient que pour ses proches. Les groupes de soutien, en ligne ou en présentiel, offrent un espace d’échange précieux pour partager expériences et conseils, notamment face aux effets secondaires comme l’incontinence ou la dysfonction érectile. Pourtant, ils restent sous-utilisés malgré leur bénéfice prouvé sur la qualité de vie.
Votre santé fait partie de votre héritage familial
Tout comme nous transmettons l’histoire et les traditions de notre famille, nous devons aussi partager les informations sur les risques de santé héréditaires. Parler du cancer de la prostate au sein du cercle familial permet aux proches concernés — hommes comme femmes — d’être informés et vigilants.
En combinant vigilance, dépistage précoce et habitudes de vie saines, vous prenez une décision essentielle pour protéger votre santé et celle de vos proches.
Si vous souhaitez évaluer votre risque ou discuter des meilleures stratégies de dépistage et de prévention, je vous invite à prendre rendez-vous sur UroBrussels. Ensemble, nous établirons un plan personnalisé pour votre santé prostatique.




