Beaucoup d’hommes constatent qu’une petite quantité d’urine s’écoule après avoir terminé d’uriner. Ce phénomène, appelé gouttes-tardives-post-mictionnelles, est à la fois fréquent et souvent source d’inconfort ou d’embarras. Pourtant, il est loin d’être rare.
Les études qui se sont penchées sur sa fréquence montrent des chiffres très variables : entre 5 % et près de 70 % de la population masculine. D’après l'expérience clinique, ce chiffre réel se situe probablement bien au-delà des 70 %.
Pourquoi ce phénomène survient-il ?
Il existe plusieurs explications possibles, et pour les comprendre, il faut d’abord savoir comment s’effectue normalement la vidange urinaire.
1. Le rétrécissement urétral (ou sténose de l’urètre)
Chez certains hommes, un rétrécissement de l’urètre — le canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur — peut piéger une petite quantité d’urine derrière l’obstacle. Lors de la miction, la majorité de l’urine s’évacue, mais une petite portion reste bloquée et s’écoule ensuite quelques instants plus tard, lorsque la vessie a terminé de se contracter.
2. Le piégeage prostatique ou urétral
C’est probablement la cause la plus fréquente. La prostate, un glande située sous la vessie et entourant l’urètre, tend à augmenter de volume avec l’âge. Cette hypertrophie, appelée hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), peut comprimer l’urètre et rendre la vidange complète plus difficile.
Le système urinaire masculin comprend deux sphincters (valves musculaires) :
• Le sphincter interne, situé au col de la vessie ;
• Le sphincter externe, juste en dessous de la prostate.
En fin de miction, le sphincter interne se referme. Si une petite quantité d’urine demeure coincée dans la portion prostatique de l’urètre, le sphincter externe peut alors se fermer à son tour, retenant ainsi ce reliquat d’urine. Lorsque ce dernier se relâche plus tard, l’urine restante s’écoule : c’est le fameux goutte-à-goutte post-mictionnel.
Étant donné que l’HBP touche jusqu’à 80 % des hommes de plus de 70 ans, on comprend aisément pourquoi ce phénomène est si courant.
3. La cause idiopathique ou musculaire
Parfois, aucune anomalie anatomique n’est retrouvée. Le problème peut alors provenir d’un dysfonctionnement des muscles entourant l’urètre — notamment les muscles bulbo-caverneux et ischio-caverneux — qui aident normalement à expulser les dernières gouttes d’urine. Avec l’âge ou certaines affections neurologiques, ces muscles peuvent s’affaiblir et rendre l’expulsion complète plus difficile.
Quand consulter un urologue ?
Si vous remarquez un jet urinaire faible, interrompu, nécessitant de pousser ou de forcer, ou encore un jet dévié ou en éventail, il peut s’agir d’une sténose de l’urètre. Dans ce cas, une consultation urologique s’impose pour confirmer le diagnostic et envisager un traitement adapté.
De même, des symptômes tels qu’une difficulté à démarrer la miction, une envie fréquente ou urgente d’uriner, ou encore le fait de se lever plusieurs fois la nuit peuvent indiquer une hypertrophie bénigne de la prostate. Le traitement de cette affection permet souvent d’améliorer en même temps les gouttes-tardives-post-mictionnelles.
Que peut-on faire pour y remédier ?
Si aucun autre trouble urinaire n’est identifié, le problème peut simplement provenir d’une faiblesse musculaire. Dans ce cas, plusieurs gestes simples peuvent aider :
1. Le massage urétral
Juste après avoir uriné, placez vos doigts à environ un centimètre derrière le scrotum et exercez une pression douce vers l’avant, en direction de la base du pénis. Ce geste aide à “traire” les quelques gouttes d’urine résiduelles.
2. Le secouement ou la pression douce
Après la miction, secouer ou presser légèrement le pénis peut également permettre d’évacuer les restes d’urine.
3. Les exercices du plancher pelvien (exercices de Kegel)
Renforcer les muscles du plancher pelvien améliore souvent le contrôle urinaire. Il s’agit des mêmes muscles que l’on contracte pour interrompre le jet d’urine (sans le faire réellement pendant la miction). Imaginez que vous essayez de soulever le pénis sans le toucher : cette contraction correspond au bon mouvement.
Maintenez la contraction pendant cinq secondes, puis relâchez pendant cinq secondes. La phase de relâchement est essentielle : si vous contractez en permanence, vous risquez d’augmenter la tension musculaire et de provoquer des douleurs.
En cas de douleurs pelviennes, de douleur à l’éjaculation ou de douleur testiculaire, il est préférable de consulter avant de commencer ces exercices.
Conclusion:
Le gouttes-tardives-post-mictionnelles est un phénomène courant, souvent bénin, mais gênant. Identifier la cause — qu’il s’agisse d’un rétrécissement urétral, d’une hypertrophie prostatique ou d’un affaiblissement musculaire — permet le plus souvent d’y remédier efficacement. Un diagnostic précis et un traitement adapté améliorent non seulement le confort urinaire, mais aussi la qualité de vie au quotidien.
N'attendez pas, prenez rendez-vous avec le Dr Dalati. Disponible dès maintenant à Forest et Etterbeek.
.png)
%20(2).png)
%20(3).png)